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dimanche 18 mai 2014

Identification visuelle

La geisha citrine observait avec attention la photo dans un cadre. Absente. L’homme servant le whisky avec grande délicatesse dit. «Avec glace ou sans ?» La maiko sortit de son étrange fixité. «J’évite les crimes contre nature. Sans. Cette photographie que j’ai sous les yeux. Cette main levée, votre bras visible. C’est un geste qui n’est pas le résultat d’un mouvement emporté, mais lent. Un mouvement en suspend qui n’a rien à voir avec le figé photographique. Au premier abord, on pourrait dire de cette photo qu’elle n’est pas intime. Mais elle l’est. Dans votre désir qu’elle ne le soit pas et dans votre espoir inconscient que ça le fasse. Il y a une proximité de distance. Vous abandonnez le voyeur à ce mur jaune, ce torse noir, poing offert, main cachée, visage sculpté. Il y a deux principes de voir pour les gens comme moi. Le macro regard et le panoramique, ça permet de faire plus de liens et mon cerveau s'en délecte comme d'autres, le gâteau au chocolat. Je regarde la photo et le mot exposé apparaît. Exposé comme une toile qu’il ne faut pas toucher comme dans les musées. Il faut juste vous regarder et puis voir.»

3 commentaires:

  1. 18 ans d'âge au moins
    il faut garder une certaine distance

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    1. Ce sont de vieilles geishas de 1000 ans, aux cœurs jeunes. ;)

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Le silence est une option viable