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mardi 1 juillet 2014

沈黙

Rose, vanille et hibiscus fleurent l’espace de l’atelier humide. Les deux geiko se prélassent avant la reprise du quart du soir. Buvant le thé, assissent sur les petits tabourets en bois tacheté d’acrylique. Il y a quinze minutes, Mei a allumé la petite chaufferette carrée pour tuer le froid pernicieux du lieu. Les lattes du plancher se réchauffent, craquent, s’étirent et reprennent vie. Ito fixe la dernière toile du peintre, pensive.

Mei : Le peintre a dit que la toile n’était pas entière dans son ventre, avant de débuter. Avant la première giclée, qu’il n’y avait rien.

Ito : Je le crois. Il n'y a pas mieux que le vide pour créer le mouvement. Avec l’idée vient l’arrêt, vient la limite du temps. Le geste juste ne peut suivre l’idée. Le geste juste vient du néant, car dans cet espace, l’idée n’est pas encore née, le langage n’existe pas. Pourquoi dire quand on peut contempler? La peinture est un monde de silence séculaire, peut-être le dernier encore vivant.

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Le silence est une option viable