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dimanche 7 juin 2015

Chair, jaune et noir

Opale noire observait l'homme penché sur ses vieux bouquins sentant le salé, embaumant le moisi. Avant de quitter pour son atelier, elle lui dit. « Il suffit de vous lire pour deviner que vous n'êtes pas du genre à oublier les infimes, les subtiles, les microscopiques détails sauf pour les généralités selon moi, qui doivent être reléguées aux oubliettes bien souvent. Je vous ai lue avide. Vous ai relue ravie. Parfois dans l'ordre inverse. Le sans commentaire va bien à vos souffles qui n'ont besoin que de lumière hivernale pour scintiller. Il y a une froideur chez vous suivit d'une chaleur intense. J'aime vos distances. Et puis comme je l'ai déjà affirmé dans mon jus de mots, j'aime les blancs, les chauds principalement. Bref, je savoure l'idée du silence entre nous. En ce qui concerne la lumière, parlons de celle qui pourfend et non celle qui décore. La décorative on en a fait des Follow Spots qui aveuglent les fous. Je vous préfère lucide sous une flamme joyeuse, traversé par un éclair définissant les contours de votre opacité. L'envie de vous est née par ce désir du contraste de votre nudité cérébrale sur contour de corps noir. Chair, jaune et noir, comme dans cette photo musée où vous faites le pitre. Et puis avec du gris pour vos subtilités et vos sagesses. Ce sont les couleurs de ma prochaine toile, pour le reste c'est le néant. Surtout, n'y changez rien!» La geisha sortit sans un bruit.

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Le silence est une option viable