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lundi 11 janvier 2016

L'hémisphère boréal

Face au dos de l'homme, la geisha peuplier réfléchissait au feu, à ces combustibles fossiles qui sont favorables pour les uns et puis pour les autres. À la propriété de l'embrasement, ses phénomènes thermiques, à tous les tunnels à coup de grisou s'alliant au destin que l'on se doit d'emprunter pour la détonation. Pouf!

Elle observa la nuque courbée de l'homme pianotant sur son portable puis la danse de ses frissons sous la froidure de l'atelier. Ravissement. Absent au monde, absent à elle, son corps était las. La maïko en elle, le trouvait racineux, fleurant la terre puis racinaux, soutenant de sa charpente les pièces de la maison. Elle humait une pensée souple, féminine et sensuelle. Un esprit fée commandeur des vents du beau temps.

Il avait dit en entrant. «Vous savez, le rêve c'est d'être lu.» Cet aveu était en soi de la matière à lire. Une clé afin de pouvoir mettre la main sous la peau de la reliure afin d'en humer l'écorce. Depuis son entrée, il avait laissé échapper de petits cailloux peinturés de ses poches qu'elle glissait précieusement dans son obi. Un homme se délestant ainsi de ses mystères ne pouvait qu'être absorbé par des lames de l'Atlantique Nord, des tempêtes.

Devant ce silence chaud, elle décida d'aller préparer une palette de carbone, de Sienne et de Naples. La geisha mit en marche le ronronnement de la cafetière et rejoignit son chevalet. Dans ce présent imparfait, peindre le dos de la montagne était assurément la chose la plus sensée à faire, décida la femme millénaire.

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Le silence est une option viable