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mercredi 11 juin 2014

Pathologie de l'image

«C'est en ce sens que je dis qu‘il y a une véritable pathologie de l'image, qui fait que ceux qui n'ont d'image d'eux-mêmes qu'à travers les objets sont réduits à l'état d‘objet et sont persuadés que c'est l'appropriation des objets et la consommation des objets qui va leur permettre de construire une image d'eux-mêmes. Du point de vue initial de la souffrance sociale aujourd'hui, demander la reconnaissance de son identité à la consommation des objets produit des violences. C'est-à-dire que quelqu'un qui n'a aucun moyen de se faire reconnaître dans un champ social par un autre regard cherche à attirer ce regard par la consommation d‘objets qui lui donnent une identité pour le regard de l'autre. Il va lui falloir des Nike, des Lacoste, etc. La consommation des marques devient un marqueur identitaire. On va tout d'un coup devenir qualifié, identifié par les objets qu'on est en mesure de consommer. On veut s'identifier. On se fait soi-même objet - et on pense que c'est ce devenir objet qui est le seul moyen d'obtenir le regard d‘autrui et un processus de reconnaissance, donc de dignité. On est dans une histoire de fous : les gens deviennent criminels parce qu'ils n'ont aucune image d'eux-mêmes. Ils sont dans une telle disqualification interne que c'est une douleur absolue, qui engendre une violence absolue, qui donne envie de tuer, de mourir.»

4 commentaires:

  1. ARG ! Plutôt mourir que ça oui !...

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    1. Non, non pas de mort de votre personne, s'il vous plaît. ;)

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  2. Mais toute notre civilisation ne tient debout qu'à cause de ça ! Sans identification de l'objet et du sujet, pas de consommation, d'où effondrement de nos valeurs les plus chères: Travail, achat, paraître. Depuis notre (enfin pas encore la mienne) plus tendre enfance on nous éduque à reconnaître les paraître comme plus important que l'être...

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    1. L'image est propagande, donc politique. Il faut lire Mondzain pour savoir qu'elle n'a en rien oublié de vérifier le sujet en profondeur. C'est l'humain qui (selon moi) a articulé le plus habilement le voir au travers des siècles et ses impactes.

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Le silence est une option viable